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Manifestation à Montpellier le 17 octobre : pillages et heurts

Alexis
19 Min Read
Tensions et affrontements violents lors de la manifestation du 17 octobre à Montpellier, marquée par des incendies.
En bref
  • Le samedi 17 octobre, entre 35 000 et 40 000 personnes ont défilé à Montpellier, dans une journée marquée par des pillages et des affrontements.
  • La préfecture recense plus d’une dizaine de commerces saccagés ou pillés, notamment au Triangle et place de la Comédie.
  • Elle fait état de 63 interpellations et de 36 policiers blessés.
  • Les cinq lignes de tramway ont été interrompues, totalement ou en partie, en milieu d’après-midi.

Sommaire

  1. Manifestation du 17 octobre à Montpellier : entre 35 000 et 40 000 personnes dans les rues
  2. Pillages et dégradations : plus d’une dizaine de commerces touchés dans le centre
  3. Affrontements à Montpellier : 63 interpellations et 36 policiers blessés
  4. Tramways interrompus et accès à la gare Saint-Roch restreint
  5. Cinemed reporte ses séances du 17 octobre après-midi
  6. Commerçants prévenus, vitrines protégées et ligne d’aide ouverte
  7. Arrêtés préfectoraux : rassemblements interdits dans l’Écusson et drones autorisés
  8. Foire aux questions

Le 17 octobre, une manifestation nationale à Montpellier a réuni entre 35 000 et 40 000 personnes. Mais la journée a basculé, entre pillages, affrontements et perturbations en pleine ville.

Voici ce qui s’est passé et ce que cela change pour vous.

Manifestation du 17 octobre à Montpellier : entre 35 000 et 40 000 personnes dans les rues

Une mobilisation large autour du pouvoir d’achat

Samedi 17 octobre, la manifestation a réuni entre 35 000 et 40 000 personnes à Montpellier.

Le cortège s’est élancé de la place de la Comédie. Lycéens, étudiants, salariés, retraités, anciens Gilets jaunes et syndicalistes défilaient ensemble. Fanfares et chants rythmaient les premiers rangs.

Les revendications portaient sur le pouvoir d’achat :

  • hausse des salaires et des pensions
  • baisse du prix du carburant
  • défense des services publics

Au départ de la Comédie, l’ambiance restait dense et combative. Plusieurs façades se sont vite couvertes de slogans hostiles aux forces de l’ordre, dont « 17 octobre, ni oubli ni pardon ».

Un départ retardé et un parcours sous haute surveillance

Le cortège devait partir à 14 heures. Le départ a été décalé. Un manifestant avait été blessé au bras par un tir tendu d’engin d’artifice.

Le parcours déclaré formait une boucle dans le centre-ville, avec les rues suivantes :

  • rue Maguelone
  • rue de la République
  • boulevard du Jeu-de-Paume
  • boulevards Louis-Valleton et Henri-IV
  • Esplanade Charles-de-Gaulle
  • boulevards Louis-Blanc et Bonne-Nouvelle

Le cortège revenait ensuite place de la Comédie. La fin était prévue à 19 heures. Le cortège autorisé et l’interdiction de rassemblement visant l’Écusson se sont superposés dans le même périmètre. La journée s’en est trouvée compliquée.

Pillages et dégradations : plus d’une dizaine de commerces touchés dans le centre

Les commerces visés

Plusieurs établissements du centre-ville ont été atteints :

  • Triangle : la boutique Bouygues Telecom, sur le parvis du centre commercial, a vu sa vitrine brisée, puis son intérieur saccagé, avec du mobilier détruit et des écrans arrachés.
  • Polygone : le centre commercial a verrouillé ses accès pendant les troubles, afin de limiter les entrées alors que les dégradations gagnaient la place de la Comédie.
  • Monoprix, place de la Comédie : vitrine brisée vers 17 h 20. Plusieurs personnes sont entrées pour emporter surtout boissons et gâteaux, dont une partie a été distribuée devant l’enseigne.
  • Foot Locker, place de la Comédie : pillé malgré les panneaux de protection posés devant la vitrine. Chaussures et vêtements ont été sortis du magasin pendant plusieurs heures.
  • Rue de la Loge : les boutiques Orange et Délices des Anges, qui avaient protégé leurs devantures, ont tout de même subi des dégradations ou des tags.
  • Rues de l’Argenterie et de l’Aiguillerie : un commerce de vêtements de la rue de l’Argenterie a été dévalisé, tandis que des boutiques voisines ont été marquées de tags, de vitrines cassées ou d’intrusions.
  • Agences bancaires : la devanture de BNP Paribas a été fracturée, et l’agence Société Générale de la place de la Comédie a été incendiée après avoir été prise pour cible.

Une chronologie qui s’étale sur l’après-midi

Les premières dégradations sont apparues l’après-midi autour du Triangle. Elles ont ensuite gagné la place de la Comédie et les rues commerçantes du centre-ville.

Un incendie s’est déclaré à l’entrée du passage commercial du Triangle. Des feux de poubelles, de déchets, de parasols et de mobilier urbain ont ensuite été éteints place de la Comédie et près de la gare Saint-Roch.

Une terrasse de restaurant de la place de la Comédie a aussi brûlé. Les pompiers sont intervenus plusieurs fois. Des projectiles ont été lancés, et la tension montait autour des commerces.

Des bilans qui diffèrent

Deux chiffres ont été communiqués :

  • Préfecture : plus d’une dizaine de commerces saccagés ou pillés dans le périmètre de la place de la Comédie et du centre-ville.
  • CCI de l’Hérault : environ cinquante commerces dégradés, dont quatorze pillés.

Les dégâts aux vitrines, aux stocks et à la voirie sont estimés à plusieurs millions d’euros.

Affrontements à Montpellier : 63 interpellations et 36 policiers blessés

Les lieux et le déroulé des heurts

Les affrontements se sont produits en plusieurs points du centre-ville :

  • Vers 16 h 15, près de la gare Saint-Roch : les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes pour disperser les groupes présents autour des voies et du square Planchon.
  • Square Planchon : envahi par les fumées lacrymogènes pendant l’intervention. Des heurts ont aussi touché la rue Maguelone et les abords immédiats de la gare.
  • Pont Grand-Saint-Jean : des détritus ont brûlé et plusieurs feux ont été allumés sur la voie publique, obligeant les pompiers à intervenir dans des conditions difficiles.
  • Devant la préfecture : des projectiles ont été lancés, et le gaz lacrymogène a de nouveau été employé pour empêcher les groupes d’avancer vers le bâtiment.
  • En début de soirée : des mortiers d’artifice ont visé les forces de l’ordre, puis une charge a été menée près du Corum, après une riposte au gaz lacrymogène.
  • Comédie et Triangle : des groupes ont tenté de revenir vers le centre après les premières dispersions, pendant que les forces de l’ordre protégeaient les commerces et les accès aux transports.

Un bilan humain lourd

La préfecture fait état de deux volets :

  • Interpellations : 63 personnes à Montpellier, pour dégradations, vols, jets de projectiles et violences volontaires contre les forces de sécurité.
  • Policiers blessés : 36 pendant les opérations de maintien de l’ordre. Le bilan officiel ne détaille pas la nature de chaque blessure, mais il confirme l’ampleur des affrontements en fin de journée.

Le Foot Locker, place de la Comédie, a été pillé pendant plusieurs heures. Des personnes sont entrées dans le magasin et en ont sorti des chaussures et des vêtements.

La préfecture condamne les dégradations et les violences contre les forces de l’ordre, tout en distinguant ces actes de la mobilisation sociale. Elle fait état de 36 policiers blessés pendant les opérations de maintien de l’ordre.

Tramways interrompus et accès à la gare Saint-Roch restreint

Des lignes coupées au cœur de l’après-midi

Les cinq lignes de tramway ont été interrompues, totalement ou en partie. Cela s’est produit au milieu de l’après-midi, quand le cortège et les affrontements sont arrivés à la Comédie et à la gare Saint-Roch.

Les perturbations ont concerné des tronçons précis du réseau TaM :

  • Ligne 1 : circulation interrompue entre Albert-1er et Léon-Blum, dans le secteur traversé par le cortège.
  • Ligne 2 : interruption entre Beaux-Arts et Rondelet, avec une desserte coupée autour du centre-ville.
  • Ligne 3 : interruption entre Gambetta et la place Carnot, près de la gare Saint-Roch.
  • Ligne 4 : circulation totalement interrompue pendant les troubles.
  • Ligne 5 : interruption entre Saint-Éloi Pezet et Gambetta, sur l’axe menant au centre.

Les reprises ont dépendu de deux éléments. Il s’agit de l’évolution des affrontements et de la sécurisation des voies.

  • Après le départ d’une partie des manifestants, la circulation est restée perturbée.
  • La cause : des feux et des débris restés sur la chaussée.

Dès le matin, une cinquantaine d’étudiants ont installé un barrage filtrant au carrefour de la Lyre. Il a ralenti la circulation sur la RD986. Les automobilistes ont passé une partie de la matinée dans les bouchons.

Une gare partiellement fermée

L’accès bas de la gare Saint-Roch a été fermé au passage du cortège pour éviter les mouvements de foule et séparer les voyageurs des manifestants.

La gare elle-même a été touchée par les affrontements. Un feu allumé à proximité a aussi causé des dégâts. L’arrêt de tramway Gare Saint-Roch, rue de la République, a subi des dégradations, dont une vitre brisée.

Pour rejoindre la gare, mieux valait prendre l’accès principal ou un itinéraire éloigné du cortège. Pour le centre, pensez aussi aux interruptions du tramway et aux rues fermées.

Cinemed reporte ses séances du 17 octobre après-midi

Le festival Cinemed a reporté les séances prévues entre 14 heures et 20 heures le samedi 17 octobre. Il veut éviter que les spectateurs se rendent dans les zones touchées par la manifestation.

Le festival avait déjà déplacé plusieurs projections au Pathé Comédie. Le Corum n’était pas disponible à cause des intempéries. Les manifestations ont imposé un nouveau changement de programme.

Cinq avant-premières faisaient partie des séances concernées. L’Affaire Marie-Claire passe finalement à 20 h 30 au Pathé Comédie, en présence des cinéastes.

Quatre autres films ont été décalés au dimanche 18 ou au lundi 19 octobre, avec de nouveaux horaires et parfois une autre salle :

  • Des femmes comme les autres
  • A Near Thing
  • #SainteJulie
  • Reine Mère

Consultez le programme actualisé du Cinemed avant de vous rendre à une projection. Les reports touchent surtout les séances de l’après-midi. Certaines projections du soir ont été maintenues ou déplacées.

Commerçants prévenus, vitrines protégées et ligne d’aide ouverte

Prévention et accompagnement

Plus de cinquante commerçants et artisans du centre historique ont masqué ou protégé leurs vitrines avant la manifestation, notamment place de la Comédie, rue de la Loge et aux abords du Triangle.

Plusieurs boutiques ont baissé leur rideau avant le passage du cortège, certaines dès 13 h 30. Les commerces situés sur ou près de l’itinéraire ont été invités à limiter leurs horaires pendant les heures les plus exposées.

  • Dès 13 h 30 : certaines boutiques ont baissé leur rideau
  • Avant le passage du cortège : fermeture de plusieurs commerces
  • Pendant les heures les plus exposées : horaires limités pour les commerces situés sur ou près de l’itinéraire

Au Foot Locker, les panneaux installés devant la vitrine n’ont pas empêché le pillage. Rue de la Loge, des boutiques protégées ont aussi subi des dégradations ou des tags.

La préfecture de l’Hérault a ouvert une ligne d’information pour les commerçants victimes des pillages. Voici les principales indications.

  • Ouverture : dimanche 18 octobre à 8 h 30
  • Numéro : 04 67 61 63 21
  • Public : commerces touchés par les vols, les dégradations et les vitrines cassées dans le centre-ville de Montpellier
  • Objet : premières indications sur les démarches à engager

Réactions et soutien

Michaël Delafosse, maire de Montpellier, condamne les pillages et les dégradations. Il les juge inadmissibles. Il rappelle que les commerces touchés font vivre des emplois et des activités locales.

Le maire prévoit une réunion avec la Chambre de commerce et d’industrie et les associations de commerçants pour identifier les besoins urgents et préparer des mesures de soutien.

Une cellule de crise réunit la Ville, la préfecture et la CCI pour traiter les besoins immédiats des entreprises touchées. Le nettoyage des tags, la sécurisation des vitrines et la réouverture des boutiques figurent parmi les priorités.

La CCI prévoit aussi d’accompagner les dirigeants. Les pillages ont causé des dégâts matériels et psychologiques, touchant vitrines, stocks, équipements et voirie.

Arrêtés préfectoraux : rassemblements interdits dans l’Écusson et drones autorisés

Restrictions et prévention

La préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, a interdit les rassemblements dans l’Écusson afin de protéger le centre commerçant pendant une période de forte fréquentation.

L’interdiction s’appliquait ainsi :

  • Date : samedi 17 octobre
  • Horaires : de 12 heures à 20 heures
  • Périmètre : notamment les boulevards du Jeu-de-Paume, de l’Observatoire, Victor-Hugo, Sarrail, Bonne-Nouvelle, Louis-Blanc, Pasteur et Henri-IV, ainsi que la place de la Comédie

L’interdiction concernait les rassemblements dans l’Écusson, pas tout Montpellier. Le cortège déclaré suivait un itinéraire encadré autour du centre et sa fin était prévue à 19 heures.

L’arrêté répondait au risque de troubles et visait à protéger les commerces. Les autorités appelaient aussi à la vigilance autour des gares, des axes routiers et des zones de rassemblement.

Surveillance par drones

Un second arrêté autorisait des caméras embarquées sur drones à capter, enregistrer et transmettre des images. Elles visaient les zones où des manifestants pouvaient se rassembler, notamment le secteur de Près d’Arènes et le parcours annoncé.

La surveillance pouvait aussi couvrir les gares, le réseau autoroutier, les échangeurs et les péages. Ces lieux étaient concernés par des rassemblements ou des blocages dans plusieurs communes de l’Hérault.

Le dispositif devait prévenir les troubles, suivre les déplacements de groupes et aider les forces de sécurité à intervenir. Les images devaient permettre de surveiller les lieux exposés et de constater d’éventuelles infractions.

Ces drones, autorisés pour la journée du 17 octobre, ne doivent pas être confondus avec un autre dispositif. Celui-ci a été installé autour de sept lycées montpelliérains, du 13 au 16 octobre, de 7 h 30 à 18 h 30.

Pour la suite, la réunion annoncée par le maire avec la Chambre de commerce et les associations de commerçants doit préciser les mesures de soutien. Si votre commerce a été touché, la ligne ouverte par la préfecture reste le point de départ pour connaître les démarches à engager.

Foire aux questions

Quelle édition de Cinemed se tenait à Montpellier ?

Le festival Cinemed en était à sa 48e édition, du 16 au 24 octobre 2026.

Le programme comprenait des projections au Pathé Comédie, au Centre Rabelais et dans d’autres lieux de Montpellier.

Où devait se tenir la soirée d’ouverture du festival ?

La soirée d’ouverture était programmée au Pathé Comédie, place de la Comédie, le vendredi 16 octobre.

L’Affaire Marie-Claire devait être projeté à 20 h 30 au Pathé Comédie, en présence des cinéastes.

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Habitant à Montpellier depuis plus de 20 ans, je vous partage mon expertise sur la ville et ses meilleurs endroits.
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