L’essentiel à retenir : Monoprix s’implante aux anciens Studios Lunaret de Montpellier grâce à une offre financière supérieure incluant 600 000 euros de travaux de structure. Ce choix stratégique du bailleur évince le groupement U mais déclenche une vive opposition citoyenne. Les riverains redoutent des nuisances logistiques et une fragilisation du commerce de proximité dans le quartier des Beaux-Arts.
Le loyer mensuel de 10 000 euros et un investissement de 600 000 euros pour les travaux de structure ont permis à Monoprix d’évincer le Groupement U aux ex-Studios Lunaret. Ce revirement commercial dans le quartier des Beaux-Arts à Montpellier déclenche une vive opposition locale, cristallisée par la pétition « Des cagettes pas des palettes ». Vous craignez une dénaturation de l’âme du quartier et une fragilisation de vos commerces de proximité.
Nous analysons les détails de cette implantation immobilière et les raisons de la mobilisation citoyenne prévue ce mardi 23 septembre. On fait le point sur les enjeux de ce dossier complexe.
- Monoprix aux Studios Lunaret de Montpellier : les détails de l’implantation
- Historique des projets avortés sur le site du 2 rue Lakanal
- Contestation citoyenne et mobilisation des collectifs de quartier
- Équilibre commercial et mutation du quartier des Beaux-Arts
Monoprix aux Studios Lunaret de Montpellier : les détails de l’implantation
Monoprix remplace le groupement U aux Studios Lunaret de Montpellier, occupant 800 m² sur deux niveaux rue Lakanal. L’enseigne investit 600 000 euros en travaux pour un loyer de 10 000 euros mensuels, provoquant une vive opposition locale.
La sélection de ce repreneur par le bailleur privé modifie radicalement la configuration commerciale prévue pour ce bâtiment emblématique des Beaux-Arts.
L’éviction du groupement coopératif U au profit de l’enseigne Casino
Le propriétaire a finalement écarté le projet de Système U. Ce dossier était pourtant bien engagé depuis le printemps dernier. Le groupement coopératif exprime aujourd’hui sa déception face à ce revirement.
Monoprix occupera désormais l’intégralité du bâtiment. La surface totale représente 800 m² répartis sur deux étages distincts.
Le projet initial de U différait sensiblement. Il ne prévoyait d’utiliser que le rez-de-chaussée de la structure.
Les conditions financières et techniques de la reprise du site
Le loyer mensuel s’élève à 10 000 euros. Le propriétaire juge ce montant élevé. Seule la grande distribution peut assumer un tel coût. Un investissement massif de 600 000 euros est nécessaire pour la rénovation complète.
Le montant du loyer et la charge des travaux de structure rendaient l’offre de Monoprix techniquement et financièrement imbattable pour le bailleur privé.
L’engagement de Monoprix à financer le gros œuvre a été déterminant. Le propriétaire sécurise ainsi la pérennité du bâtiment. Aucun frais immédiat ne pèse sur le bailleur.
Historique des projets avortés sur le site du 2 rue Lakanal
Mais ce dossier n’est que le dernier chapitre d’une longue série de tentatives infructueuses pour redonner vie à cet ancien cinéma.
De Carrefour City au Plaza Beaux-Arts : trois ans d’incertitudes
En 2021, le projet Carrefour City s’est heurté à un mur. Le maire de Montpellier et les riverains ont bloqué cette implantation. Cette mobilisation citoyenne a eu raison de l’enseigne.
Le projet Plaza Beaux-Arts devait ensuite combiner culture et restauration. Pourtant, les plaintes incessantes du voisinage ont stoppé cette initiative. Ce concept hybride n’a jamais pu ouvrir ses portes.
Transformer ce site sans perturber le calme des résidents s’avère complexe. Le lieu subit une instabilité chronique depuis sa fermeture définitive. Chaque tentative de réouverture finit par échouer lamentablement.
L’occupation éphémère par le squat La Thermite en 2024
Le collectif La Thermite a investi les locaux en mars 2024. Ces militants dénonçaient la vacance prolongée de ce bâtiment emblématique. Ils souhaitaient créer un espace d’accueil solidaire.
L’expulsion par les forces de l’ordre est intervenue très rapidement. Les lieux ont été évacués en une heure seulement. Le bâtiment est retombé dans le silence peu après.
| Année | Projet | Cause de l’abandon |
|---|---|---|
| 2021 | Carrefour City | Opposition municipale |
| 2022 | Plaza Beaux-Arts | Plaintes riverains |
| 2024 | La Thermite | Expulsion |
| 2024 | Système U | Éviction commerciale |
Contestation citoyenne et mobilisation des collectifs de quartier
Face à cette nouvelle annonce, la colère gronde à nouveau chez les habitants qui refusent de voir leur quartier transformé en zone logistique.
La pétition « Des cagettes pas des palettes » et les craintes logistiques
Vous pouvez observer une opposition ferme via la pétition « Des cagettes pas des palettes ». Ce mouvement rejette massivement l’implantation d’une logistique lourde dans les rues étroites des Beaux-Arts.
Les riverains expriment des inquiétudes majeures concernant les nuisances sonores générées par les livraisons. Ils redoutent particulièrement un ballet incessant de camions sous leurs fenêtres dès les premières lueurs du jour.
Les points de tension identifiés par les habitants incluent :
- Bruit des moteurs et hayons
- Blocage de la circulation rue Lakanal
- Pollution atmosphérique accrue
- Dégradation de la sécurité des piétons
Appel au rassemblement du mardi 23 septembre devant l’immeuble
Notez bien le rendez-vous fixé le mardi 23 septembre à 12h30. Les collectifs locaux organisent une mobilisation d’envergure devant le numéro 2 de la rue Lakanal pour marquer leur désaccord.
Des structures comme Beaux-Arts Pierre Rouge participent activement à cette démarche. Elles revendiquent la création d’un espace dédié à la vie sociale plutôt qu’une énième exploitation par la grande distribution.
« Nous ne voulons pas d’une énième surface commerciale uniforme qui détruira l’âme et le calme de notre vie de quartier. »
Équilibre commercial et mutation du quartier des Beaux-Arts
Au-delà des nuisances, c’est tout l’écosystème des commerçants indépendants qui se sent menacé par cette arrivée massive.
La concurrence avec les indépendants et l’arrivée de Biocoop
Sachez que deux Monoprix sont déjà implantés à moins d’un kilomètre. Cette forte densité commerciale risque d’étouffer les petits épiciers locaux. Le maillage des commerçants indépendants est ainsi fragilisé.
Notez l’ouverture prochaine d’un Biocoop rue de Substantion. Ce projet de 300 m² représente un investissement de 550 000 euros. L’enseigne bio prévoit son installation avant la fin de l’année.
Huit emplois locaux seront créés par cette structure coopérative. Le modèle diffère radicalement de la grande distribution classique. Les habitants privilégient souvent ces circuits courts face aux logiques de grands groupes.
La position de la municipalité sur l’encadrement des baux commerciaux
Le maire de Montpellier demande désormais d’encadrer les loyers commerciaux. Son objectif est de freiner la spéculation immobilière. Il souhaite protéger la diversité des boutiques face aux offres financières des géants.
La mairie reconnaît toutefois les limites de son pouvoir légal. Il s’agit d’une transaction entre acteurs privés. La Ville recommande la concertation mais ne peut techniquement interdire la signature du bail. Le droit de propriété reste ici souverain.
Le calendrier précis de l’ouverture demeure inconnu pour le moment. La tension persiste entre les intérêts de Casino et les collectifs locaux. Vous observerez sans doute de nouvelles mobilisations devant le 2 rue Lakanal.
L’implantation de Monoprix aux Studios Lunaret de Montpellier évince le Groupement U grâce à une offre financière supérieure incluant le gros œuvre. Cette mutation commerciale aux Beaux-Arts provoque une vive contestation citoyenne pour préserver l’équilibre local. Mobilisez-vous dès le 23 septembre pour défendre l’identité de votre quartier.
FAQ
Pourquoi le projet de Monoprix remplace-t-il celui du groupement U aux Studios Lunaret ?
Le choix de l’enseigne Monoprix repose sur une proposition financière supérieure à celle du groupement coopératif U. Le propriétaire des murs, Pierre Berthès, a privilégié cette offre car elle inclut la prise en charge intégrale des travaux de gros œuvre, estimés à 600 000 euros.
L’enseigne du groupe Casino prévoit également d’occuper la totalité des 800 m² du bâtiment sur deux niveaux. À l’inverse, le projet initial de Système U ne portait que sur une surface de 400 m² située au rez-de-chaussée, laissant une partie du site inexploitée.
Quelles sont les conditions financières liées à l’occupation du 2 rue Lakanal ?
L’implantation dans cet ancien cinéma montpelliérain exige des capacités financières importantes. Le loyer mensuel est fixé à environ 10 000 euros, un montant que seul un acteur de la grande distribution semble en mesure d’assumer selon le bailleur.
En complément du loyer, l’investissement massif pour la rénovation de la structure constitue un facteur déterminant. Le repreneur doit sécuriser la pérennité du bâtiment, ce qui explique l’éviction des projets associatifs ou coopératifs moins dotés en capital.
Pourquoi les habitants du quartier des Beaux-Arts s’opposent-ils à cette implantation ?
La contestation citoyenne, portée par la pétition « Des cagettes pas des palettes », exprime une crainte majeure concernant les nuisances logistiques. Les riverains redoutent le passage incessant de camions de livraison et les pollutions sonores associées dans les rues étroites du quartier.
Les associations, telles que Beaux-Arts Pierre Rouge, dénoncent également une saturation commerciale. Elles pointent du doigt la présence de deux autres Monoprix à proximité et l’arrivée d’un Biocoop, craignant une dénaturation de l’esprit du quartier et une fragilisation des petits commerçants indépendants.
Quel est l’historique des projets commerciaux sur ce site de Montpellier ?
Le bâtiment des ex-Studios Lunaret connaît une instabilité chronique depuis 2021. Un premier projet d’implantation de Carrefour City avait été abandonné suite à une forte mobilisation locale et à l’opposition de la municipalité.
Par la suite, le projet Plaza Beaux-Arts, qui visait la création d’un tiers-lieu culturel, a également échoué en raison des plaintes du voisinage. Plus récemment, en mars 2024, le site a fait l’objet d’une occupation éphémère par le collectif La Thermite avant une expulsion rapide par les autorités.
Quelle est la position de la mairie de Montpellier face à ce nouveau projet ?
La municipalité rappelle qu’il s’agit d’une transaction privée concernant un bâtiment privé, limitant ainsi son pouvoir d’intervention juridique. Bien que le maire ait soutenu les commerces de proximité par le passé, la Ville ne peut bloquer légalement la signature de ce bail commercial.
La mairie a toutefois préconisé une phase de concertation entre les porteurs du projet, les résidents et les commerçants locaux. Elle note que le projet Monoprix actuel est d’une ampleur moindre que les précédentes tentatives de la grande distribution sur ce même emplacement.

