Balade dans Montpellier...

Une cité entre tradition et modernité

 

 

 

 

 

 

 

Rue Jules Latreilhe

 

La librairie de bandes dessinées anciennes et de polars
"Moustache et Trottinette"

 

 

Vendredi 15 juin 2012 aprè-midi, veille de la fermeture

 

 

  

Au numéro 5, l'entrée d'une petite librairie encadrée de deux panonceaux à l'effigie de "Moustache et Trottinette".

Passé le seuil de la porte, cette colonne en verre attire l'attention des collectionneurs de figurines en tout genre.

 

  

Suit une pièce, aux rayonnages remplis de polars, qui conduit au saint des saints, ...

 

... le passage obligé menant à la grande salle des trésors et merveilles : mangas, BD d'occasion, sous plastique pour celles qui sont cotées. Les prix, bien entendu, s'envolent lorsqu'il s'agit de numéros rarissimes comme les tous premiers "Strange".

 

 

C'est ainsi que le numéro 1 de "Strange", paru en janvier 1970, dont le prix à l'époque n'était que de 2 Francs, se négocie entre 170 et 1100 € selon l'état du magazine !

 

Autre exemple : il faudra débourser la coquette somme de 700 € pour se procurer le numéro 4 du "recueil de Tintin", qui ne coûtait à l'époque que quelques Francs ! Il est à remarquer qu'il s'agit d'anciens Francs, les NF (Nouveaux Francs) n'entrant en vigueur qu'en janvier 1960.

 

 

 

Une jeune lectrice de BD demande des renseignements au libraire.

La commande a été passée et la jeune bédéiste est repartie satisfaite de son achat.

 

Le lendemain, samedi 16 juin 2012, jour de la fermeture définitive de la librairie.

Les bacs sont vides, tout a été rangé. Quant au moral, il n'est pas au beau fixe. Heureusement un emploi est en vue, mais loin de Montpellier. Il s'avèrera plus rémunérateur, ce qui compensera en partie l'éloignement du Clapas. Mais la convivialité, l'esprit si particulier que "La Seranne" avait su transmettre à "Moustache et Trottinette" ne se retrouvera nulle part ailleurs.

 

Je demande la permission de prendre quelques clichés pour la postérité. Ce qui m'est très gentiment accordé.

 

  

Les autres travées et passages, plus ou moins secrets (1), sont à l'image du reste de la librairie : remplis à craquer de bouquins !

Au premier plan, sur le cliché de gauche, figure le petit escabeau à deux marches, suffisant pour atteindre les étagères les moins hautes. Il y en avait un autre, beaucoup plus grand, que j'ai utilisé pour photographier la statuette de la Vierge qui se trouve  à l'intersection de la rue de l'Aiguillerie et de la rue des Ecoles Laïques. Je peux dire qu'à l'instar de Bourvil et Gabin j'ai fait, l'escabeau sur l'épaule, "la traversée" non pas de Paris mais de Montpellier. Et ce n'était pas de nuit mais en plein jour, sous le regard étonné des passants. Lorsque l'on a attrapé le virus, que ne ferait-on pas pour prendre une photo !

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(1) On aperçoit, sur la photo de droite, une trappe en bois située au niveau du sol dans un étroit passage. Elle conduit à une pièce "secrète", véritable caverne d'Ali Baba, aux milliers de bouquins et BD.

 

Une pièce intermédiaire entre deux passages dont les étagères du fond présentent la collection d'anticipation des "éditions Fleuve Noir". Le numéro 45, "L'homme de l'espace", de Jimmy Guieu, que certains n'hésitent pas à qualifier de Jules Verne des temps modernes,  a remporté le Grand prix du roman de Science-fiction 1954. J'ai lu d'un seul trait cette fascinante "fiction scientifique" lorsque, jeune homme, je fréquentais l'école de l'Air.

 

Voici un autre coin tout aussi fourni.

 

J'ai posé une question particulièrement difficile à résoudre : les mains et la tête du libraire s'agitent quelques instants avant qu'il n'apporte une solution acceptable par les deux parties.

 

Les éditions originales ne sont ni reprises ni échangées comme l'indique le panonceau figurant à droite.

 

De l'autre côté du passage, les BD les plus convoitées sont sur des étagères situées derrière la banque.

 

Dans la même pièce, les rayons de BD cotées sous sachet plastique.

 

Quelques clichés pris deux ans auparavant, le 2 avril 2010 : les affaires marchent encore.

 

Je m'annonce en entrant et j'ai en retour un amical bonjour.

 

   

Je photographie une publicité de barre chocolatée (le prix est encore en francs : 200 F) pendant que le libraire...

 

... s'entretient cordialement avec un client habitué de la librairie.

 

Une vue partielle de la grande salle des BD cotées...

 

... et le fond de la grande salle.

 

Une autre vue de la grande salle des BD cotées prise en avril 2010.

 

Trois clichés pris en août et septembre 2006

 

  

23 septembre 2006, vers le fin de la journée. Pas un nuage ne se profile dans le ciel de la librairie...

 

Une dernière photo de la grande salle prise le 3 août 2006 avec mon premier appareil numérique, un Pentax Optio S55. La fermeture de la librairie ne se posait alors pas du tout. Bien au contraire !

 

 

 

Ce samedi, 16 juin 2012, j'ai attendu les 19 heures en compagnie du libraire pour passer ensemble la porte vitrée de l'entrée.  Le libraire a remisé les deux panonceaux à l'effigie de "Moustache et Trottinette" et, après avoir jeté un dernier regard sur tous ces rayons bondés de livres, a éteint les lumières, fermé la porte et baissé pour la dernière fois le rideau métallique spécialement tagué par Chabeuh JDM.

 

L'histoire trentenaire de cet espace unique à Montpellier et qui était d'ailleurs connu et reconnu dans toute la France s'achevait ainsi, discrètement, sans faire de bruit.

 

 

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